Landhill Beach est une ville tranquille.
Ou du moins elle l'était. Il y vit des gens plus ou moins riches.
La pluie ne cesse de tomber depuis plusieurs jours.
Julia descend de la voiture en compagnie de sa meilleure amie Jessica.
Le frère de Nate a organisé une fête et quasiment tout le lycée de la ville est invité.
Julia porte une
robe bustier blanche, un ruban noir qui ceinture sa taille avec des nus-pieds noués par des rubans noirs également à talons compensés.
Ses cheveux sont relevés en
chignon sophistiqué.
Il y a déjà beaucoup de monde.
En entrant dans la maison, elle cherche Nate du regard mais il reste introuvable.
C'est lui qui lui a supplié de venir.
Il n'a pas eu à la supplier bien longtemps.
Bien qu'ils aient rompus, le coeur de Julia bat encore violemment quand il le voit.
Alors, elle s'autorise à s'abandonner à lui quelques nuits.
A vrai dire, elle n'aime pas vraiment les fêtes.
Se bourrer la gueule ne l'intéresse pas.
Si elle est venue, c'est seulement pour lui.
Des mains viennent enlacer sa taille.
Elle se retourne brusquement prête à gifler celui qui ose poser des mains sur elle.
Mais c'est Nate.
Il sourit.
Ce doux sourire malicieux presque pervers.
Elle reste hynoptisée par ses fines lèvres.
Il se penche doucement à son oreille.
Nate : Tu cherches à m'exciter ou quoi ?
Il prend Julia par la main et l'entraîne hors du salon.
Ils montent les escaliers.
Ils ne s'embrassent pas, bien que leurs lèvres ne soient qu'à quelques millimètres l'une de l'autre.
Leurs souffles s'accélèrent déjà.
Nate : Je crois que tu sais déjà où est ma chambre.
Julia : Ne t'en fais pas pour ça, je connais le chemin.
Elle le tire par le bas de la chemise.
Elle va à reculons jusqu'au fond du couloir, la dernière porte à droite.
Elle tâte de sa main la poignée et ouvre la porte.
C'est Nate qui prend soin de la fermer à clé.
Il se retourne et admire Julia qui reste debout à le regarder.
Il tente de l'embrasser mais elle l'esquive.
Elle défait la chemise de Nate et la laisse tomber par terre.
Ils se regardent les yeux dans les yeux.
Du bout des doigts, Julia remonte le long du torse du garçon.
Elle pose ses doigts sur ses lèvres avant de se pencher pour l'embrasser.
Le départ est donné.
Nate s'empresse de détacher la robe de Julia qui tombe en souplesse sur le sol.
Ils l'enjambent pour aller s'installer sur le lit.
Leurs deux corps se mêlent dans les draps blancs.
Des coups frappent à la porte.
Nate soupire.
Nate (chuchotant) : Ne réponds pas.
Il est sur elle, silencieux, attendant que les pas s'éloignent.
Julia caresse sa joue.
Son médaillon qu'il porte toujours autour du cou se balance doucement.
Nate se penche pour l'embrasser sensuellement près de l'oreille comme elle aime.
Elle est heureuse d'être là avec lui même si elle sait que ce moment est éphémère.
Nate tire le drap au-dessus de leur tête.
Il l'embrasse fougueusement.
Il voudrait que le temps s'arrête.
Etre là avec elle, tout simplement.
Il l'observe.
Elle est si belle qu'il a l'impression de lui faire du mal en la traitant comme ça bien qu'il ne la force pas.
Il se redresse soudainement et attrape ses vêtements afin de les enfiler.
Julia fait de même.
Julia : Tu veux bien fermer ma robe s'il te plaît ?
Nate : C'est bien parce que c'est moi qui te l'ai enlevé.
Julia : Pff
Il renoue la fermeture de la robe.
Julia détache sa coiffure qui était complètement défaite.
Elle se les attache en queue de cheval haute puis sort de la pièce.
Elle ne s'attarde pas plus à la soirée et rejoint le parking.
Nate la suit, la raccompagnant jusqu'à sa voiture.
Nate pose un baiser au coin des lèvres de Julia, par-dessus le carreau de la vitre, avant de plonger son regard dans le sien.
Puis il s'en va comme à son habitude.
Elle pense déjà à la prochaine fois qu'elle le verra.
Chaque fois c'est la même chose.
Il est imprégné dans sa tête telle une hantise dont on ne peut se passer.
Elle démarre et quitte la demeure de Nate par l'immense portail noir, en fer forgé, ouvert en cette soirée.
Elle n'a pas le temps de s'en rendre compte qu'une autre voiture la percute violemment.
Ce n'est pas comme dans les films, où l'on voit sa vie défiler avant de plonger.
Là, c'est la réalité.
C'est à peine si l'on a conscience que ce qui nous arrive jusqu'au moment de l'impact qui nous enlève tout souvenir, toute notion de vie.
Seulement après l'impact, quelque fois on reprend ses esprits.
Julia ouvre légèrement les yeux.
Elle a mal, pourtant elle ne sent plus son corps.
Elle a juste le temps de voir le visage de Nate de l'autre côté du carreau.
Elle retrouve ses souvenirs.
Lui.
Alors quelques brins de souvenirs lui parviennent et elle réussit à prononcer le prénom de celui qu'elle aime.
Puis, ses yeux se ferment et le néant la recouvre.
Comme quoi, les accidents n'arrivent pas qu'aux autres.
On nous le répète maintes fois mais on ne s'en préoccupe pas.
Et cela vient sans prévenir.
Nous ne sommes maîtres de rien.
Nous sommes uniquement des pions du destin.
Et le drame tâche notre vie à jamais.
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